Fin 2016 - début 2017, chaque IBEFE s’est vue dotée d’un chargé de mission « prévention radicalisme » travaillant sur l’insertion socio-professionnelle des populations étrangères. Dans un premier temps, l’objectif de cette fonction est d’établir un diagnostic du territoire du bassin en termes d’offre de formations et d’initiatives à l’insertion socio-professionnelle de ces personnes. La phase suivante sera d’informer tous les acteurs de terrain de ce qui existe déjà en la matière afin qu’une meilleure coordination en résulte. 

Ils viennent de loin, ils n’ont pas la même culture, ils n’ont pas la même langue, … « Ils », ce sont les migrants, comme les médias les désignent. Ils ont quitté leur pays, plongé dans le chaos, pour obtenir un statut de réfugié en Belgique. « "Les réfugiés vont prendre le travail des Belges", "ils ne s’intégreront pas", "des terroristes infiltrés" : ces clichés ont la vie dure. ». Voici le titre éloquent d’un article paru dans le quotidien « La Libre Belgique » en septembre 20151. Pourtant, en grattant le vernis de ces préjugés, on pourrait déceler une richesse inattendue qui ne demande qu’à être cultivée.

La multiculturalité : une donnée incontournable de notre société

L’immigration n’est pas un fait récent : italiens, espagnols, portugais, marocains, roumains, … Tout au long du 20ème siècle jusqu’à aujourd’hui, les nationalités se sont succédées et, doucement, la multiculturalité s’est mise en place. Mais si ces personnes d’origine étrangère ont su se faire une place dans notre pays, sans aide institutionnelle, pourquoi aider les nouveaux arrivants ?

Le parcours d’obstacles avant l’arrivée à l’emploi

En rencontrant les associations d’aide aux migrants et les travailleurs des CPAS, un constat s’établit rapidement : « ils » ne demandent qu’à s’insérer dans la vie active au plus vite pour recommencer une nouvelle vie. Mais les difficultés sont nombreuses : l’apprentissage du français, l’accès au logement, l’équivalence des diplômes, la compréhension du système belge... Le chemin vers l’emploi semble encore bien lointain tant que ces premiers obstacles ne sont pas franchis. Mais, au-delà des barrières linguistique et culturelle, se cachent des compétences professionnelles qui pourraient devenir un atout pour notre territoire. Ils sont vétérinaires, policier, ou encore maçon, professeur d’université, mécanicien et ingénieur. Pourtant, sans aide extérieure, la majorité des personnes d’origine étrangère trouveront un travail « déqualifiant », c’est à dire bien en-dessous de leurs réelles compétences.

Et les générations suivantes ?

Belges parce que nés ici, étrangers parce que leurs racines sont ailleurs : ce sont les deuxième ou troisième générations issues de l’immigration. Il s’avère que l’insertion sur le marché de l’emploi reste difficile pour ces publics. Et lorsque discrimination rime avec exclusion, les risques de voir ces personnes se tourner vers certaines formes de radicalisme augmentent.


(1)http://www.lalibre.be/actu/belgique/les-refugies-vont-prendre-le-travail-des-belges-ils-ne-s-integreront-pas-des-terroristes-infiltres-ces-cliches-ont-la-vie-dure-55ef307b3570b0f19e7e7579

 

Partager cette page

Poster sur FacebookPoster sur Google PlusPoster sur Twitter